Transcription préparée par Media Q Inc. exclusivement pour AINC
DATE: 24 septembre 2008
ENDROIT: Musée canadien des civilisations, Gatineau (Québec)
PRINCIPAUX:
Patrick Borbey
Pitseolalaq Moss-Davies
Crystal Lennie and Laakkuluk Williamson Bathory
Dr. Claudio Aporta
Dr. Patricia Sutherland
Geoff Green
Adamina Partridge
James Kuptana
SUJET: Une webémission de l'activité de la « Journée polaire internationale - Les gens aux pôles » qui a eu lieu au Musée canadien des civilisations le 24 septembre 2008.
Patrick Borbey: Je suis Patrick Borbey, sous ministre adjoint de l'organisation des Affaires du nord, d'Affaires indiennes et du nord canadien ici à Ottawa. Je serai l'animateur aujourd'hui. Je voudrais vous remercier tous d'être venus ce matin.
Aujourd'hui c'est le Jour polaire, une journée spéciale qui fait partie de l'année internationale polaire. Cette année c'est le plus gros programme international de recherche scientifique concentré sur les régions de l' Arctique et de l'Antartique. Des milliers de scientifiques et de chercheurs de plus de 60 pays font des recherches dans les régions polaires au cours des 24 mois de l'API. Le programme a commencé en mars 2007. Le Canada joue un rôle de pointe.
Aujourd'hui, la sixième journée désignée et il s'agit de se concentrer surtout aujourd'hui sur l'éducation et les activités sur les recherches polaires. Le thème aujourd'hui, les personnes, la dimension humaine des recherches qui se font dans l'Antartique et dans l'Arctique. Aujourd'hui, on va parler de projets de recherche importants impliquant les personnes qui vivent dans le nord aujourd'hui, les chercheurs de l'APA, du sondage sur la santé, le plus gros sondage fait dans la région du nord du Canada. Aussi on parlera de l'étude dans la mer de Beaufort et surtout d'une autre étude qui joue les connaissances et les changements climatiques.
D'autres chercheurs de l'API parleront des projets sur les connaissances traditionnelles et l'utilisation de la glace du point de vue des autochtones. Des représentants aussi de deux programmes, Students On Ice, Schools On Board, deux programmes qui permettent aux étudiants de voyager, d'aller dans le nord, de faire l'expérience et d'apprendre. On vous parlera de voyages récents et de possibilités de s'impliquer.
Aussi, je voudrais reconnaître d'autres auditoires qui suivent le même événement par webcast. Merci aux étudiants et professeurs du campus du Collège du Nunavut à Iqaluit et merci aussi à ceux qui sont au musée à Kitchener en Ontario. Et bonjour à tous ceux qui suivent sur le web. Envoyez des courriels avec vos questions ce matin. On essaiera d'y répondre. Vous pouvez poser des questions en français ou en anglais. Si on n'a pas la réponse pendant la présentation ce matin, ce sera sur le site web bientôt.
Je voudrais présenter les chercheurs, membres du panel. Deux des gros projets de recherche, cette étude du système de (inaudible) qui appelle le CFL et le sondage sur la santé Inuit, deux sondages menés à bord des navires de la Garde côtière, le Edmundston, l'an dernier. Pour parler du CFL et de l'élément des connaissances traditionnelles, je veux vous présenter Pitsey Moss Davies. Pitsey est coordonnateur de la recherche pour le Conseil circompolaire, partenaire de CFL, et aussi je veux vous présenter Okaluk (ph) Williamson et Kristen (inaudible) qui est membre du comité directeur pour le sondage sur la santé Inuit. Elle a travaillé à partir d'Ikaluit. Crystal (inaudible) est membre du comité directeur sur le sondage de la santé. Elle est venu d'Inuvik dans les Territoires du Nord ouest.
Pitsey Moss Davies: Bonjour. Oui, je viens du Nunavut et comme on l'a expliqué, je suis coordonnatrice de la rechercher au Conseil circumpolaire, le bureau du Canada ici à Ottawa. Avant de passer à notre travail avec cette étude sur le système, je veux vous donner quelques observations sur notre groupe. Nous sommes l'un des quatre bureaux du groupe circumpolaire. Nous avons des bureaux en Alaska, en Russie, au Canada. Donc nous avons été fondé en 1977 en Alaska par Eben Hopson. Et cette personne avait invité d'autres Inuits à parler de différentes façons pour réagir de façon commune face à des questions d'importance commune, bien sûr. Parce qu'on s'attaquait de plus en plus au style de vie et à l'environnement.
On s'est rendu compte assez tôt que pour survivre dans notre terre circumpolaire, il fallait parler avec les autres sur des questions communes, combiner nos énergies pour promouvoir et protéger notre style de vie. Donc, dans l'Arctique circumpolaire, il y a environ 150,000 Inuits au Canada, Greenland, la Russie, l'Alaska et les États Unis. Alors ICC Canada est un partenaire du CFL et aussi l'API et le groupe de recherche qui est à l'appui, est important pour nous permettre de prendre de bonnes décisions pour s'adapter aux divers changements, changements climatiques ainsi que d'autres changements dans d'autres domaines où les changements climatiques exacerbent la situation ou encore que les changements entraînent de nouveaux changements qu' on n'avait pas vu auparavant.
Les changements climatiques dans l'Arctique maintenant, comme vous le savez, plusieurs leaders en parlent et je sais qu'il y a d'autres changements aussi, développement des ressources. Entre autres, il y a des ententes entre les quatre région Inuits, des régions où nos études sont basées et il y a aussi d'autres régions comme le Nunavut, Nunavit, qui est le nord du Québec et aussi la côte nord du Labrador. Donc ces ententes ont été signées entre toutes ces régions. Nous avons donc des questions sociales, la pauvreté, style de vie qui appauvrit la santé, questions d 'éducation qui sont toutes reliées à ce que j'ai dit précédemment.
Donc, dans notre projet, il y a 10 équipes dans les sciences naturelles et notre équipe, c'est l' étude sur les connaissances traditionnelles ou le savoir traditionnel. Avec l'étude du savoir traditionnel, il y a une autre équipe qui est responsable de quelques autres éléments, y compris l'évaluation de la surveillance communautaire. Nous avons des ateliers sur les changements climatiques circumpolaires. Il y en a eu en avril. Tous les chefs de groupes ont assist é et au cours de cet atelier, nous avons pu partager nos idées sur les changements climatiques, des façons progressives et des enjeux auxquels nous auront à faire face.
Après cet atelier, nous avons dressé un plan touchant le poste Kyoto et processus des Nations Unies pour y donner suite. Et aussi, nous avons travaillé avec le programme Schools On Board, un programme d'éducation basé dans le réseau de l'Arctique, et aussi avec ce groupe, nous avons conçu et avoir un programme sur le terrain pour la région circumpolaire. Contrairement à ces programmes scolaires choisissant des étudiants partout au Canada et circulant dans les écoles secondaires, avec ce programme particulier, nous avons eu des gens de l'Alaska, de la Russie, de toutes les régions Inuits du Canada et de, du Groenland. Alors James va en parler un peu plus longtemps après, mais pour l'instant, je voulais mentionner le fait que c'était l'un des éléments de notre travail d'équipe.
Alors cet élément, le savoir traditionnel, avec la science occidentale ou la science Inuit ou encore le savoir traditionnel, nous travaillons avec les communautés et les organisations Inuits avec les autres chercheurs et les neuf autres équipes pour en arriver à l' intégration. L'implication communautaire en recherche toute l'incorporation du savoir traditionnel indigène. C'est de plus en plus un objectif et une attente aussi dans les organisations de recherche du nord, les Inuits, les gouvernements, les groupes de recherche, les agences de financement et la population du nord.
Alors il y a du progrès bien sûr pour améliorer les rapports en recherche communautaire et aussi en ayant une base communautaire et des recherches sur le plan communautaire depuis 10 ans. L'argument est le suivant. Il n'y qu'une approche vraiment coopérative face au travail avec ces compétences. C'est ainsi que l'environnement complexe et les questions de santé peuvent être étudiés pleinement. Notre engagement dans la recherche est d'une importance critique et il faut plus de reconnaissance entre ces divers types de connaissances. Pour nous, le savoir traditionnel c'est la science Inuit qui découle de l'observation transmis d'une génération à l'autre et ensuite avec cette connaissance intégrée, nous allons pouvoir contribuer à avoir des politiques saines, de bonnes prises de décisions et aussi pour se pencher sur les inquiétudes à l'échelle communautaire pour que les communautés s'adaptent aux changements qui se produisent déjà.
D'autres avantages de l'intégration des deux systèmes de savoir, occidental et Inuit, est de protéger les deux types de savoir à l'intérieur de la documentation. Les Inuits ont surtout des traditions orales et sont basées sur le passé. Nous n'avons pas de rapports, de documents, de journaux, de textes écrits. Il s'agit bien sûr des anciens qui transmettent les connaissances et les anciens et les chasseurs.
Une des autres questions qui nous intéresse et nous occupe et qui est vraiment une question sociale, il s'agit de l'écart entre les anciens et les jeunes. Par exemple, la perte de la langue, les anciens parlent souvent l'Inuktitut tandis que les jeunes le parlent de moins en moins et le transfert inter générationnel en est affecté et nous parlerons du savoir traditionnel et de la recherche pour préserver les connaissances et la culture en même temps.
L'initiative de recherche basée sur la communauté est très importante. Notre engagement pour identifier les questions d'importance surtout touchant l'impact des changements climatiques sur nos vies, et aussi pour avoir des programmes ou projets de façon intégrée pour obtenir les meilleures connaissances. Il y a aussi des communications à deux voies. Nous pouvons apprendre la recherche et la recherche bien sûr s'instruit auprès de nous. Les communautés dès le début, dès la planification du projet jusqu'à la fin, elles ont été engagées pour recevoir les résultats, un engagement à toutes les étapes du processus de recherche, ce qui nous aide à nous pencher sur les questions et c'est différent au niveau communautaire et dans la vie des gens.
Avec l'étude CFL, nous voulons impliquer divers secteurs de la société, notamment en ayant les é changes entre les aînés et les jeunes. Il y a beaucoup à contribuer. Ils apprennent, ils apprennent bien sûr en parlant avec les jeunes et les chercheurs. Et aussi, nous essayons d'avoir une meilleure capacité et notre travail avec École à bord et le programme circumpolaire, il s'agit là de possibilités qui nous intéressent au plus haut point. Il y a les intérêts scientifiques, les intérêts des politiques et on se base sur cette expérience.
Comme vous le savez, l'étude sur le chenal de séparation circumpolaire est important. Le chenal de sé paration en fait est unique, une caractéristique unique. Il s'agit de quelque chose qui est mobile et ce chenal de séparation est riche sur le plan biologique, touche les écosystèmes. Je ne sais pas si j'ai parlé qu'il s'agit d'une culture marine et les communautés Inuits sont sur la côte. Alors l'étude sur les glaces des mers touchant l'intégration des savoirs est extrêmement importante. Notre é quipe a aussi un comité directeur sur le savoir traditionnel. Il y a des membres des différentes communautés, trois communautés qui sont très près du chenal de séparation et qui reçoivent le plus l'impact des divers systèmes et cela a beaucoup d'influence sur leur comportement dans la région.
Nous avons aussi un coordonnateur basé à Inuvik et nous avons en outre un poste de chercheur junior, James va en parler. C'est lui le chercheur junior pour les savoirs traditionnels et nous travaillons aussi avec Schools On Board pour le programme sur le terrain. Alors non seulement nous avons des échanges excellents entre les chercheurs et les communautés où les décisions peuvent être prises, il y a aussi d'autres avantages pour profiter, bénéficier des connaissances inattendues tout comme les possibilités bien sû r de développement économique ainsi que d'autres questions pour parler par exemple de la pauvreté, de l'éducation, de la santé.
Et aussi, dans les activités de l'équipe 10, comme je l'ai dit précédemment, nous sommes impliqués avec l'évaluation de la surveillance communautaire en rapport avec le conseil de l'Arctique pour soutenir les observations, les réseaux, les initiatives et vous savez, c'est une initiative circumpolaire touchant les Inuits et d'autres nations aussi comme la Norvège, l'Islande, entre autres sont touchées par les mêmes questions. Il y a donc une poussée importante pour surveiller ce qui se passe dans l'Arctique. On utilise des instruments et des méthodes de science naturelle et il y a aussi un élément très important, les savoirs traditionnels qui sont importants pour les populations du nord.
Alors ceci conclut ma présentation sur le travail de notre équipe au sein de ce programme Inuit et explique notre contribution non seulement à la science mais à l' intégration de même. Merci beaucoup. (Applaudissement)
Patrick Borbey: Merci Pitsey. Je vais inviter Laakkuluk (ph) et Crystal qui vont prendre la parole maintenant.
Femme non identifiée: (inaudible) Le sondage sur la santé, l'enquêteur principal est Dr. (Inaudible) de l'université McGill et le Dr Keon de l'université de Toronto. Le projet est financé par l'API, l'Institut de recherche publique, Santé Canada et Arctique Canada. Alors je vois que le micro fonctionne, alors le sondage sur la santé Inuit est un projet qui découle d'une idée pour avoir des données précises sur la santé. On a des statistiques sur le cholestérol, le diabète, divers indicateurs de santé. On peut le séparer dans les groupes ethniques et les régions mais pas beaucoup d'information sur les indicateurs de santé Inuit. Alors voilà pourquoi le projet existe.
D'abord à Nunavik, au nord du Québec, un projet important qui a été organisé par le groupe de la santé et ensuite l'enquêteur principal est venu au Nunavut et a trouvé des partenaires pour s'impliquer dans le projet, ce qui veut dire comment sommes nous, qui sommes nous? Alors on en est arrivé au projet régional pour faire le sondage sur la santé et on pose la question comment êtes vous et ensuite au nord du Labrador, on a demandé le sondage qui s'intitule Comment êtes vous? Il y aura un suivi international des données combinées avec d'autres groupes de recherche, avec le groupe directeur. Le suivi sera pour le Groenland, l 'Alaska, l'Arctique canadien et l'étude du Nunavut.
Alors la mission pour le sondage sur la santé est d'avoir des données de santé publique dans le nord canadien. On a utilisé les meilleures techniques de recherche disponibles au Canada. Le sondage répond aux besoins et aux priorités adapté pour approprié et acceptable et développé avec des partenariats de participation. Tous les partenaires, les territoires, les divers groupes sont impliqués dans le processus où le sondage se fait.
Et finalement, toutes les données qui découlent du sondage de la santé sera pour les communautés, les gouvernements des territoires, donc une activité partagée, ce qui est important à la longue. Le processus du sondage était assez ouleu au dé but. Pour des gens comme moi qui travaille pour une organisation parce qu'on a agit très vite. Beaucoup d' argent. Je n'imaginais jamais avoir autant d'argent dans mes poches. Pas beaucoup d'argent en fait, pas beaucoup de temps et il fallait que ça marche. Il fallait développer des rapports et aussi nous développons toujours ces rapports, des ententes, des ententes avec les universités, des détails techniques pour créer des rapports entre les chercheurs, les universités, les membres de la communauté.
Le comité directeur a étudié les sondages pour qu'ils soient adaptés à ces populations et il y aura une liste plus tard du nombre de sondages mais le comité directeur se compose de moi, de Crystal et d'autres de la corporation, Steven, du niveau de recherche, des autorités de Beaufort et sept corporations communautaires, Lucie (inaudible), Donald (inaudible) de (inaudible) Harbour, Glen Gordon de (inaudible) et Veronica Casig (ph) d'Inuvik et d'autres représentés par Fred Bennett. Il y avait différents groupes de l'Institut de recherche, le Dr André Caribou du gouvernement et des professeurs d'université.
La région se compose de six communautés qui composent la corporation régionale et le sondage a été envoyé aux communautés côtière de toute la côte et maintenant, il y a une enquête à l'intérieur des terres et cela se poursuit et se sera terminé mercredi prochain. Le sondage a lieu à partir d'un bateau de la garde côtière parce que presque toutes les communautés sont le long de la côte, donc c'est plus facile d'avoir le navire qui va dans les communautés, sauf celles qui sont à l'intérieur des terres.
Alors le comité directeur se compose de différents groupes communautaires, l'Association des municipalités du Nunavut, l'Association des mers du Nunavut. Il y a le ministère de la Santé, des services sociaux, ensuite une corporation où je travaille au sujet des revendications territoriales, il y a des professeurs de McGill et d'autres de l'université de Toronto. Alors à ce comité directeur, nous travaillons tous ensemble sur le sondage, besoins logistiques, embaucher des gens, les échéances quand le navire va arriver à tel ou tel endroit. Il y a le design local aussi et les questionnaires des questionnaires touchant les normes utilisées dans le monde entier et basé sur ce qui nous intéresse le plus pour la santé de nos gens.
On voulait s'assurer aussi que le sondage soit culturellement approprié, c'est à dire la façon de traiter avec les gens sur une base quotidienne, bonjour, merci, courtoisie, etc. Et autre chose de spécial, le langage du Nunavut. La population, l'Inuktituk n'est pas la seule langue. Il y a plusieurs dialectes. Alors dans le sondage, il fallait être sûrs qu'on puisse communiquer et que l'information qui revenait soit dans le dialecte approprié de chaque région.
L'enquête sur la santé des Inuits s'est fait sur deux étapes. L'an dernier, le navire a visité 18 communautés et cette année, sept communautés, y compris Baker Lake mais je pense qu'il faut, on peut s'y rendre seulement en avion. L'enquête se déroulera aussi dans le Nunatsiavut. Vous ne connaissez peut être pas tous Nunatsiavut. Il s'agit d'un nouveau gouvernement Inuit qui a été formé il y a deux ans à travers l'Association Labrador Inuit et ça se compose de Dr (inaudible), Carole Bryce Bennett, Labrador Grenville Health, Michel (inaudible) du gouvernement de Nunatsiavut, Marie Anne Abiatsy Brown (ph), Tina Buckle, Michel Wood qui sont tous du gouvernement, tous du gouvernement (inaudible) et les deux enquê teurs principaux.
L'enquête se déroulera à Main (inaudible) et (inaudible). Il existe donc quelques termes clés auxquels vous serez tous exposés lorsque vous aurez terminé l'école secondaire et que vous apprendrez à aimer, comme nous les aimons nous. Il y a la participation communautaire ou l'implication communautaire. Qu'est ce que ça veut dire ça? Ça veut dire que c'est un groupe de personnes qui se réunissent pour comprendre, mieux comprendre les choses, pour s'entendre sur les choses, pour s'assurer de prendre des décisions par consensus.
Le renforcement des capacités, ça aussi c'est une partie importante de ce projet. Cela signifie qu'au Nunavut, il y avait l'an dernier une centaine d'employés à court terme embauchés pour donner un coup de mains lors de l'enquête, que ce soit pour accueillir les participants sur le navire, pour organiser les infirmières pour les diff érents tests et les enquêtes, pour poser les questions, pour évaluer, pour analyser les tableaux. Il y avait toutes sortes, il y avait beaucoup de formation donc de requise. Le projet portait aussi sur un autre aspect clé, soi la sensibilisation à l'état de santé.
Nous n'avons pas beaucoup de statistiques sur la santé des Inuits en particulier et c'est important pour bien comprendre les besoins et les réalités du système actuel. Nous en apprenons beaucoup sur la santé des Inuits donc et ce qui nous aidera à planifier l'avenir, les interventions futures, par exemple, le, le taux du diabète est en croissance rapide et nous voulons, nous voulons intervenir de ce côté là. Nous voulons avoir des interventions quotidiennes mais nous voulons en fait assurer un avenir sain pour nos enfants.
Les participants donc ont été choisis au hasard parmi différents, parmi différentes familles ou par région ou par une liste. Il y avait un formulaire de consentement que signaient les participants après avoir visionné un DVD ou un vidéo de 15 minutes dans la langue de leur choix ou dans le dialecte de leur choix. Les participants arrivaient à, à bord le navire le matin. Ils avaient, ils jeûnaient depuis 11 h la veille, 11 h le soir la veille. Ils étaient, ils se rendait au navire soi par hélicoptère, soi par un autre mode de transport et ensuite l' enquête durait environ trois heures à trois heures et demi.
Le genre de choses que nous avons testé c'était la tension artérielle, le poul, comme un bilan de santé annuel ordinaire. Alors la tension artérielle, le poul, on a mesuré la taille des gens, le tour de taille, la, la hauteur. On a aussi fait un test de tolérance de glucose, un test de glycémie pour pouvoir identifier les personnes atteints du diabète ou non. Ensuite, il y avait des questions à répondre sur la nutrition donc il fallait se rappeler de tout ce que l'on avait mangé et bu au cours des 24 dernières heures, ce qui n'est pas aussi facile que l'on ne croirait. Aussi, nous avons posé des questions sur l'alimentation traditionnelle, la fréquence de consommation des aliments traditionnels comme le béluga, le caribou et combien souvent vous consommer des aliments provenant du marché ou de l'épicerie, de la laitue, des tomates, ces genres de choses là.
Et ils faisaient aussi le dépistage de bio marqueurs génétiques. Ils essayaient de trouver toutes sortes de différentes vitamines et de minéraux, des marqueurs de stress aussi et dépistaient aussi différentes infections, quatre différents genres de parasites, le H Pylori, ça c'est une infection de l'estomac que l'on voit de plus en plus souvent chez les communautés Inuits et quelque chose qui s'appelle HSKRP. Ils ont aussi testé pour la présence de contaminants, comme des polluants organiques, différents métaux, des substances anti, anti incendie que l'on trouve dans les tissus de matelas entre autres. Ensuite l'accès aux aliments, la, le nombre de personnes résidant dans la maison, la, le bien être physique et mental, l'état de santé auto signalée. Il y avait aussi un questionnaire facultatif qui portait sur la violence, la toxicomanie et l'alcoolisme.
Ensuite, il y avait des tests spéciaux pour les gens âgés de plus de 40 ans. Ils ont donc vé rifié le, le rythme cardiaque pendant deux ou trois heures de ces personnes là. Aussi les femmes âgées de plus de 40 ans, ils ont vérifié la densité des os pour voir si les femmes étaient susceptibles de développer de l'ostéoporose. Ensuite, ils ont vérifié l'artère carotide du cou pour voir le rythme de la circulation sanguine. Ensuite, les ultrasons comme moi j'en ai pour mon bébé et puis aussi pour vérifier le ladiposité.
Puisque l'enquête se déroulait sur deux ans, beaucoup de gens s'intéressent aux résultats. Mais un des aspects importants de cette enquête, c'est que nous n'avons pas partagé les résultats de l'enquête jusqu'à ce que toutes les communautés les aient reçu d'abord. Donc les individus vont recevoir leurs propres résultats, ensuite il y aura une discussion communautaire de ces résultats puis après ça, ça sera diffus é pour le grand public. Et là tout le monde aura accès à cette information. Mais de façon générale, il y a eu 1,929 participants au, à l'étude jusqu'ici, âgés de 18 ans jusqu'à 90 ans et tout le monde commence à recevoir leurs résultats par courrier et les centres communautaires aussi les reçoivent. Merci. (Applaudissement)
Patrick Borbey: Merci Laakkuluk et Crystal. Alors beaucoup d'information très intéressante. J'avais mentionné qu'il y aurait un test d'administré à la fin de cette séance, alors j'espère que vous écoutez de près tout ce que vous avez entendu.
Alors maintenant, il y aura une période de questions après les deux prochains conférenciers. Alors d'abord j'aimerais vous présenter Claudio Aporta, professeur à l'université Carleton et son projet s'appelle L'utilisation et l'occupation des glaces marines par les Inuits. Donc, on est en train, c'est une enquête au sujet de la connaissance qu'ont les Inuits et l'utilisation qu'ils font des glaces marines à l'Arctique. Ensuite, il y aura Patricia Sutherland, qui est chercheur ici au Musée canadien des civilisations. Elle vous parlera, elle nous parlera de son projet, l'Histoire Inuit, changements climatiques et connections historiques dans l'article canadien. (Applaudissement)
Claudio Aporta: Merci. Nous avons un groupe très intéressant ce matin, je crois. Je suis sure que certains d'entre vous n'avaient jamais été plus au nord du 60e parallè le et, et très peu d'entre vous êtes nés dans cette région là dans le nord du pays, ce qui contribue à vos perceptions de l'Arctique. Pour ceux et celles d'entre vous qui n'avaient jamais visité l 'Arctique, il est peut être un peu difficile pour vous de comprendre pourquoi les glaces marines sont si importantes pour les Inuits. Moi je viens de l'Argentine, alors vous pouvez vous imaginer que moi je ne connaissais absolument rien en arrivant il y a quelques années dans la région de l'Arctique.
J'ai passé mon premier hiver dans un endroit qui s'appelle Iglulik, une belle île dont la population est de 1,200 personnes. Et pendant huit mois de l'année, l'île est en fait reliée à la terre par la glace. Et moi j'ai trouvé ça épatant. Je voyageais avec un ami à moi, un guide Inuit, Maurice Arnatiak (ph). Nous faisions, nous étions en train de faire la cartographie de, d'endroits avec des noms traditionnels Inuit, toutes sortes de choses, des collines, des roches, des rochers qui avaient des noms traditionnels Inuits. Et on était sur une île qui s'appelle (inaudible) et c'est assez plat comme terrain. Je sais pas si vous connaissez ça, mais c'est plat. Comme terrain, on ne voit pas beaucoup de collines ni de montagnes et je me souviens d'avoir demandé à mon ami et ça c 'est quoi, qu'est ce que je vois ici à l'horizon? Je la voyais pas sur ma carte et Maurice a rit, il m'a demandé si je voulais le suivre. Alors nous sommes allés par motoneige et c'était en fait, c'était en fait une montagne de glace.
Ce qui m'a épaté moi c'était que elle portait un nom en fait, cette montagne de glace. Maurice connaissait le nom en Inuit et cette montagne surgissait chaque année au même endroit. Alors il y avait en fait une topographie de la glace marine et j'ai trouvé ça fascinant. Et en discutant avec les, les aînés en rentrant, je me suis rendu compte que les gens utilisent cet endroit depuis des générations et des générations et qu'anciennement, il y avait même un regroupement de gens qui vivaient sur cette, sur cette montagne de glace pendant à peu près un mois. Il y a pas de dossier archéologique évidemment parce que chaque année, la glace fondait et tout disparaissait dans la mer, toute trace disparaissait dans la mer. Mais il y avait des gens qui étaient même nés sur cette montagne de glace. Bien des choses se produisaient.
Alors j'ai trouvé cela un sujet de recherche fascinant. Et comme (inaudible) le disait auparavant, il y a certainement une science Inuit, une tradition scientifique Inuit et le plupart de nous, les canadiens qui vivent, vont au sud du pays ne la connaissons pas suffisamment bien. J 'ai parlé à d'autres chercheurs qui faisaient des projets semblables et qui s'intéressaient à des choses semblables dans différentes régions de l'Arctique. Nous avons donc développé ce projet que nous appelons l'Utilisation et l'occupation des glaces marines par, le projet d'Utilisation et l'occupation des glaces marines par les Inuits. Nous documentons donc l'utilisation qu'on fait et que font les Inuits des glaces marines, ce qu'ils en savent.
Nous en faisons la cartographie de la topographie de ces glaces marines. Il y a donc le, que ce soit un chenal de séparation ou un iceberg, on pose des questions au sujet des changements qui se produisent. Ils sont observés au fil des ans. On a eu la chance d'avoir été financé par l'API Canada et évidemment, nous avons visité bon nombre de communautés nordiques. Nous leur avons proposé ce projet, et nous sommes en train de travailler en collaboration avec quelques communautés au Nunavut. Dans l'est, l'est, l'ouest, au nord et au sud de l'île de Baffin et tout le monde en fait était très emballé par ce projet, par cette possibilité de documenter la, les glaces marines.
Certains des aînés s'inquiétaient que les jeunes personnes tomberaient, que la glace s'effondrerait à cause de nouvelles technologies ou parce que les jeunes n'ont pas les connaissances traditionnelles, qu'en fait, ils auraient trop de confiance dans la glace. Il y en a qui disent qu'il y a de plus en plus d'accidents alors les gens étaient très emballés par la possibilité de faire cela. Donc, nous avons développé ce projet et nous utilisons différentes méthodes. Nous utilisons par exemple avec un groupe de chercheurs du nord, nous allons voir la glace avec les chasseurs aussi traditionnels. Nous avons des unités de GPS avec nous. Nous, nous établissons des cartes des éléments importants. Nous avons aussi des séances de cartographie. Nous allons nous rendre en visite à une communauté.
Il y a des gens dans chaque communauté qui travaillent sur le projet en fait. On appelle ça des chercheurs Inuits ou des chercheurs du nord qui nous aident à mener les enquêtes et les entrevues. Les aînés viennent donc à la table. On leur montre des cartes, on leur demande de nous dire ce qu'ils savent de la glace et des glaces marines. Alors lorsque vous voyez la carte topographique de l'Arctique canadien, ce, et la carte qu'a développé le groupe Students On Ice, vous allez voir qu'il y a de nouveaux espaces blancs sur la carte et on pourrait rajouter toutes sortes de données sur ces espaces blancs et bleus que l'on voit sur la carte.
Voilà ce que nous faisons. Nous peuplons ces cartes pour pouvoir avoir un environnement qui est plus prévisible, plus sécuritaire et nous voulons contribuer à ce que ça, à la connaissance qu'on déjà les experts de, de cet univers fascinant. Une des choses qui nous préoccupent, c'est d'assurer la disponibilité et l'utilité de nos données pour ces communautés du nord. Nous ne voulons pas que, rapporter avec nous nos données, mettre ça dans une base de données dans le sud du pays et puis que personne le, ne les verra ni les utilisera. Alors nous voulons développer entre autres un atlas interactif des glaces marines avec toutes les données, les coordonnées GPS, l' information géographique, toutes les entrevues, y compris les entrevues vidéo avec les aînés. Tout cela fera partie de cet atlas qui éventuellement sera offert au moins à ces communautés là et peut être à tous, au grand public aussi. Ça dépend de la communauté.
Et vous verrez ces éléments là, vous allez pouvoir cliquer sur différents liens pour entendre parler un aîné d'un élément quelconque par exemple. Nous voulons, nous sommes aussi, nous voulons donc laisser quelque chose d'utile lorsque nous aurons terminé le projet. Alors nous en sommes à l'étape de collecte de données à l'heure actuelle. Une des choses que les gens nous disent c'est que les glaces marines sont en train de changer, qu'ils trouvent le terrain moins prévisible qu'auparavant, que ça fond plus tôt ou plus tard, ça dépend que les glaces, que la saison des glaces est raccourcie, a raccourci. Vous le savez que les Inuits chassent surtout, chassent surtout le phoque et sont obligés donc de modifier leurs habitudes de chasse.
Je trouve ce projet fort intéressant. Nous espérons que nous allons pouvoir créer un pont entre les scientifiques Inuits et la science occidentale, pour ainsi dire et que les gens vont pouvoir donc mieux comprendre, mieux se comprendre les uns les autres. Nous espérons aussi offrir aux Inuits une source de documentation fiable qu'ils vont pouvoir utiliser autant dans notre système d'éducation que pour leurs propres projets. Merci. (Applaudissement)
Patrick Borbey: Merci Claudio. Et maintenant, je cède la parole à Patricia.
Patricia Sutherland: Merci Patrick. Bonjour. (Langue Inuit) Il faudrait peut être afficher ma présentation. Merci. L'histoire Inuit fait partie d'un projet international de l'API. Ça porte sur la recherche dans le nord des pays scandinaves, le Groenland et le nord du Canada. Les recherches récentes ont beaucoup changé notre perception de l' histoire Arctique. Ce projet est fondé sur l'idée qu'une compréhension de la société contemporaine de l'Arctique doit être, doit être fondée sur, sur une compréhension, une meilleure compréhension et reconnaissance de la complexité des sociétés.
Anciennement, on voyait ça comme des régions marginales et isolées, une partie du monde qui n'était pénétrée, pénétrée que pendant le dernier siècle par le monde occidental. On a présumé qu'savant cela, le terrain était occupé par des peuples autochtones qui avaient peu de contact avec le monde externe et dont la, la culture et la société a très peu changé au cours des siècles. Les Inuits du Canada étaient perçus comme étant parmi les plus isolés des peuples, parmi tous ces peuples. On voyait, on trouvait que leur technologie avait été développée à travers une adaptation à long terme du milieu de l'Arctique et on a trouvé ce (inaudible) comme étant le, le facteur déterminant.
Par exemple, les Inuits ancestraux sont allés de, quand ils sont partis de l'Arctique pour arriver au Groenland, on a pensé que cette migration était en réponse à un changement climatique, une réduction des glaces marines qui s'est produite il y a environ milles ans, qui a permi l'expansion des, des mammifères maritimes dans d'autres régions. Des découvertes archéologiques récemment, récentes nous ont dressé un portrait beaucoup plus complexe. Et cette année internationale, polaire internationale nous permet d'entamer plusieurs projets internationaux qui vont contribuer davantage à ce, à enrichir ce portrait.
Est ce que l'histoire Inuit entre autres est aussi simple que nous l'avons présumé jusqu'à récemment ou bien il y a t il plus de contact avec d'autres sociétés mi mondiales. Est ce que le processus de mondialisation a atteint l'Arctique il y a plus de milles ans? Le projet porte sur une collaboration de, entre archéologues ainsi que des chercheurs environnementaux qui font des enquêtes sur des sites archéologiques choisis pour fournir de l'information sur le, le genre d'occupation et d 'utilisation du terrain arctique pendant les siècles, allant de, il y a 8,000 ans.
Des historiens qui travaillent avec des dossiers historiques ainsi que avec la tradition orale Inuit sont en train d'examiner et d'analyser l'histoire des deux cultures, européenne et Inuit, et ils travaillent aussi en collaboration avec d'autres projets de changements climatiques qui examinent des liens entre l'histoire humaine et les changements écologiques qui se sont produits au cours des dernières milles années. Il y a eu une découverte il y a quelques années qui se trouve dans les collections de ce musée ici et qui sont devenus le projet archéologique Helluland, le nom donné à ces territoires nordiques qui ont été découverts à l'ouest du Groenland et qui représentent l'île de Baffin et les régions adjacentes du Labrador.
Pendant qu'existaient ces colonies nordiques au Groenland, cette région a été occupée par les esquimaux du Cap Dorset avant l'arrivée des Inuits de l'ouest. Au cours des dernières années, je participais à des excavations et j'entreprend l'examen de collections de, d'objets provenant de ces régions. Ces sites ont produit tout une variété d'objets qui ressemblent beaucoup à ceux des Vikings et des, et des européens du Moyen âge. Cela comprend donc des cordes qui ressemblent à ce que l'on retrouve des régions nordiques de l'Europe. Il y a aussi, on voit aussi des outils pour aiguiser les, les pierres pour aiguiser les outils en métal.
Pour, pendant quatre étés avec une équipe d'étudiants du (inaudible) et des étudiants du sud aussi, j'ai excavé différents sites dans, sur l'île de Baffin qui a produit bon nombre de ces objets ainsi que d'autres preuves archéologiques qui suggèrent que ce peuple a passé beaucoup de temps à cet emplacement. Un autre aspect du travail au site de Nanook ainsi que d'autres sites de l'Arctique sont des analyses paléo archéologiques pour pouvoir déceler des changements environnementaux dans les régions locales au moment de l'occupation de ces sites. En examinant les micro fossiles et les sédiments juste à côté des sites archéologiques, il est possible de décrire différentes conditions environnementales et de, d'établir une corrélation avec d'autres occupations. Peu des, quelques objets repérés à ces sites, ou très peu d'entre eux font l'objet de commerce ou d'échange. Il s'agit plutôt de, des brises d'occupation.
Ont ils établi des postes pour pouvoir justement avoir les échanges commerciaux ou autres avec les gens du Dorset? On voit ici toutes sortes de pots et d'ivoire qui étaient très utiles et très précieux pour ces peuples là pendant cette pé riode. Probablement, comme les Inuits plus tard, j'imagine que ce peuple pouvoir échanger cela contre des petits bouts de métal pour développer des armes et des outils.
Vers l'an 1000, on trouve des indications d'une société, d'une culture beaucoup plus complexe. On ne soupçonnait pas antérieurement la présence ni l'existence de cette culture et ça va rajouter des chapitres très intéressants à l'histoire de l'Amérique du nord. Ça nous fournit aussi une meilleure compréhension de ce qui a pu emmener les Inuits dans cette région il y a milles ans. Plutôt qu'une expansion lente en réponse à des changements climatiques, on dirait maintenant que l'immigration s'est produit rapidement de l'Alaska vers la région de l'Arctique. Nous avons donc produit des métaux européens et d'autres matériels qui nous indique il y a eu un contact avec les peuples nordiques de l'Europe.
On voit, il ne s'agit pas d'un simple peuple qui vivait de chasse et de pêche depuis longtemps, qui était influencé par de longs processus lents de changements environnementaux. Il s'agit plutôt d'avoir été une société d'entrepreneurs et de gens qui étaient capables d'entreprendre de longs voyages afin de participer à l'économie mondiale du jour et qui en sont des partenaires depuis.
En résumé, ce projet de l'histoire de l'Inuit est un effort collaboratif entre des archéologues, des chercheurs environnementaux et des historiens qui vont approfondir notre connaissance de l'adaptation de ce peuple et de cette culture au fil du temps. Les résultats jusqu'ici suggèrent que nous devons réévaluer l'image que nous avons de ce peuple comme étant un peuple ancien et primitif ainsi que de réviser notre idée de cette région de l'Arctique du Canada comme étant très isolée et loin de l'histoire du reste du monde. Il existe des liens de longue date. Ce projet devrait nous donner une meilleure perception beaucoup plus précise de cette société et de ce peuple. Je vous remercie. (Applaudissement)
Avant de quitter le podium, on m'a demandé de faire une petite annonce en partenariat avec le projet (inaudible) le Musée canadien des civilisations est en train, annonce une série de colloques et pour, pour célébrer le 15e anniversaire de ce projet polaire en février et en mars où nous examinerons, où nous entreprendrons l'examen scientifique historique de cette région. Nous espérons que vous allez pouvoir y assister. Merci. (Applaudissement)
Patrick Borbey: Merci Patricia. Maintenant, nous avons le temps d'écouter quelques questions avant de passer aux deux autres conférenciers. Y a t il des questions de la part des membres de l'auditoire? Il y a des micros d'installés dans la salle. Veuillez vous en approcher s'il vous pla ît. Micro?
Alors je crois que vous cherchez un micro. Je vais donc passer à des questions que nous avons reçues d' Iqaluit, du Collège technique, le programme de technologie a envoyé deux questions. Je vais commencer avec une des questions tandis que les membres de l'auditoire se préparent.
Voici la question. Dans les propositions de l'API, on parle d'incorporer les (inaudible) savoirs traditionnels, partage avec les communautés. Quelle révision sera faite pour que les chercheurs suivent bien ces énoncés? Alors qui veut r épondre? Vous pouvez demeurez à vos places et on va brancher le micro. Micro s'il vous plaît.
Femme non identifiée: Alors il y a des agences qui réglementent les chercheurs dans les territoires. L'une des choses, du moins pour l'archéologie, il s'agit de visites aux communautés, impliquer les locaux dans les travaux et faire des suivis, d'apporter les résultats des projets. Des expositions dans les communautés et de façon à rendre l'information disponible aux locaux.
Homme non identifié: Pour la recherche, nous sommes comptables, responsables de ce qu'on fait. À la fin de l'année, il faut présenter un rapport et je pense que c'est là que l 'API peut nous dire si on répond aux attentes. Nous avons une responsabilité personnelle. Il faut remplir nos promesses.
Femme non identifiée: Pour le groupe CFL, nous adhérons au protocole de recherche. Nous avons le comité directeur du savoir traditionnel avec des membres de la communauté, des trois communautés les plus rapproché es qui non seulement nous guident mais qui ramènent l'information aux communautés. On apporte les questions, les préoccupations des communautés à nos équipes alors des échanges dans les deux sens pour transmettre l 'information aux communautés, pour rapporter l'information aux communautés.
Patrick Borbey: Très bien. Merci beaucoup. Et je vais ajouter qu'il y a des bureaux de coordination du nord dans le nord et dans les régions, des rôles et d'avoir de bons liens entre les chercheurs et les communautés locales pour que ce soit bien partagé, que les résultats soient à leur disposition. Il y a aussi un atelier qui va être présenté pour les chercheurs. Ce sera en décembre et ce sera sûrement une question au programme du jour.
Alors il y a t il des questions dans l'auditoire? Oui? Quelqu'un derrière. Cherchez vous un micro? Très bien, je vais répéter pour le webcast.
Question: (hors microphone)
Patrick Borbey: La question est la suivante. Comment les Inuits savent ils que c'est sécuritaire sur la glace? Comment adopter la navigation et l'utilisation des glaces?
Homme non identifié: C'est intéressant. Nous vivons dans des changements climatiques comme on l'a dit, et il y a aussi bien sûr des changements culturels et sociaux. Dans le passé, il y avait les traîneaux à chiens et les chiens semble t il pouvait voir ce qui était dangereux. On ne se fiait à 100% sur les chiens mais il y avait cette perception, les chiens vous aidaient. Et si les chiens traversaient la glace, ils avaient le temps de s'écarter du danger. Bien sûr avec un snowmobile, c'est ce qui passe en premier. Ce sont des situations concrètes.
On utilise largement la science Inuit pour se diriger et on informe aussi de la nouvelle technologie. Certains ont des unités de GPS, les chasseurs entre autres. Il y a des systèmes de satellite. Les chasseurs et certaines communautés peuvent se rendre à des endroits particuliers pour vérifier l'épaisseur de la glace et ajoute cela à leurs connaissances personnelles. Certains arrivent en avion et avant d'atterrir, on étudie la glace. Donc différentes méthodes pour s'adapter aux changements. Il y a de nouveaux outils aussi, RADARSAT 2, les Inuits demandent comment se servir de ces données, les utiliser pour le combiner au savoir traditionnel.
Patrick Borbey: Une question devant dans la salle s'il vous plaît.
Question: (hors microphone)?
Patrick Borbey: Excellente question. La voici. Si les Inuits vont d'ouest en est à des fins commerciales, en rapport avec les pays scandinaves, pourquoi lorsqu'ils sont disparus que les Inuits sont bien demeur és ici?
Personne non identifiée: Oui, les européens sont venus après expédition de Frobisher au 16e siècle, l'une des images que j'ai montrée était une cr éation au sujet de la rencontre de l'expédition de Frobisher et des Inuits. Nous pensons qu'il y a eu une continuité de contact même si ces personnes sont retournées en Islande, d'autres sont décédées parce qu'ils ne s'étaient pas adaptés à l'article mais nous pensons qu'il y a eu continuité dans ce commerce et ces rapports entre les populations et les explorateurs européens.
Patrick Borbey: Merci beaucoup. Merci de ces questions. Parce que le Groenland (inaudible) est si beau, si magnifique.
Personne non identifiée: Oui, je suis de votre avis.
Patrick Borbey: Autres questions? Oui, derrière la salle, une autre question.
Question: (hors microphone)?
Patrick Borbey: Oui, je vais expliquer. C'est le changement de la densité des glaces. On se concentre sur le savoir traditionnel Inuit. On essaie d'ajouter ce qu'on sait. Il y a des systè mes de surveillance pour mesurer la glace et nous basons notre recherche sur les connaissances des Inuits.
Femme non identifiée: Oui, toutes les recherches sur le terrain par les équipes de science naturelle viennent de se terminer. Les chercheurs travaillent sur les données alors sur le site web de CFO, vous pouvez trouver de l 'information. Je ne sais pas exactement quand les données seront disponibles sur le site, mais cela va venir sur le site web un peu plus tard. Il y a un autre projet qui peut vous intéresser. Regardez sur le site web et nous pouvons en reparler.
Personne non identifiée: Très bien. Kathleen Fisher est aussi à votre disposition et peut répondre à des questions. (Inaudible dans la salle)
Patrick Borbey: Alors pour le webcast, après la session, nous donnerons plus de sources de données au sujet des changements sur les conditions de la glace.
Maintenant une autre question, quelques autres questions. Ally Winton de Winnipeg qui a envoyé une question. Au sujet de la formation des jeunes leaders circumpolaires, l'accessibilité pour les membres des communautés, les anciens touchant l'accès à l'internet et aux ordinateurs. Une excellente question.
La plupart des communautés du Nunavut ont l'accès à l'internet. La vitesse diffère d 'une communauté à l'autre mais l'accès est suffisant pour avoir accès à l'atlas. Les anciens, on songe plutôt aux plus jeunes. Les anciens ont profité de la classe sur l'é tat des glaces, ensuite on pourrait écrire les résultats de nos recherches et ainsi on tiendrait compte des conversations et des entrevues. La culture Inuit est surtout orale, donc ce serait un meilleur médium, mais la question est très intéressante.
Maintenant, il faut continuer. Une autre question qui nous vient du Collège de l'Arctique, nous vous fournirons une réponse sur l'internet et pour ceux qui ont des questions et qui suivez la présentation, envoyez vos questions. Il y aura des réponses plus tard. Et dans l'auditoire, vous avez l'avantage d'avoir les chercheurs à côt é de vous. Vous pourrez vous entretenir avec eux après la session.
Alors pour continuer, (inaudible) nous aurons des conférenciers qui vont parler des projets Students On Ice and Students On Board. J'invite maintenant Geoff Green à nous parler de Students On Ice, un programme qui permet aux étudiants de découvrir l'Arctique et l'Antarctique. (Applaudissement)
Geoff Green: Bonjour tout le monde. (Langue Inuit) C'est formidable d'être ici avec vous aujourd'hui et avec ce merveilleux panel pour célébrer l'Année polaire internationale. Je ne sais pas si vous vous rendez compte à quel point cette année est spéciale. Cela ne se produit pas souvent, la dernière, il y a 50 ans. Alors c'est un privilège d'y participer et aussi peut être la suivante et c'est très bien de voir tant de jeunes dans l'assemblée. Vous connaissez cette expérience à une étape ou cet API peut changer vos décisions et vos choix de carrière et je le souhaite.
J'ai été très inspiré par les régions polaires, d'avoir eu l'occasion d'aller en Antarctique 74 fois. Les pingouins me reconnaissent lorsque j'arrive sur la plage. Et aussi j'ai eu le privilège de me rendre dans l'Arctique du Canada, de la Russie, du Groenland et ailleurs à maintes et maintes reprises. Des parties incroyables de notre planète. C'est le foyer bien sûr des cultures autochtones qui sont là depuis des centaines et des centaines d'années, des milliers d'années, qui sont encore là aujourd'hui et je suis inspiré par les gens du nord, des gens de l'Antarctique aussi mais il n'y a jamais eu de culture autochtone là bas. On envoie des scientifiques, des explorateurs et des touristes maintenant qui vont dans l'Antarctique.
Mais ce sont les gens, le paysage, la faune, la glace dont Claudio vous a parlée, les icebergs aussi, des parties incroyablement belles de notre planète Terre. Pourquoi est ce si important et pourquoi faut il s'en soucier? Et bien, songez à votre voiture ou celles de vos parents. Il y a encore des piles et il y a, si les pôles ne sont pas reliées, la voiture ne marche pas. La planète Terre c'est la même chose. Les régions polaires et Antarctique sont les pierres d'angle. C'est ce qui fait de notre planète ce qu'elle est. Et aussi, cela inter relie tout ce qui est sur la terre, même si c'est aux pôles opposées, les deux fonctionnent pour le fonctionnement de la planète. Et comme vous le savez, avec le réchauffement global, et bien les conséquences se ressentent surtout aux deux extrémités et cela nous touche tous où que nous vivions sur la planète Terre. C'est pour cela qu'il faut se tourner vers les régions polaires.
Ce sont des fenêtres, des symboles de paix, de compréhension, de conservation. L'Antarctique est le seul continent qui n'appartient à personne, un continent pour la paix et la science. Si on pouvait élargir les frontières, l'univers serait meilleur et ils ont été les premiers à s'occuper de conservation et vivent en harmonie avec la nature depuis tant de temps. Et on peut apprendre beaucoup du savoir traditionnel en se tournant vers l'avenir.
C'est important aussi pour le Canada. Nous sommes une nation polaire, une des plus importantes du monde. Et combien de canadiens apprécient ce fait? J'espère que l'Année internationale polaire joue un rôle pour vous tous et surtout pour les jeunes qui nous écoutent aujourd'hui. Comme nation polaire, nous avons une responsabilité. Il faut s'engager, s'impliquer. Les régions polaires seront à l'avant plan de bien des choses qui se produisent dans les années à venir, science, changements climatiques, souveraineté, exploitation entre ressources naturelles, etc. J'espère que le, une partie de l'héritage sera votre implication.
L'Arctique nous façonne plus qu'on ne le pensait. S'il y avait une autre frontière au nord au lieu de l'Arctique jusqu'au Pôle nord, nous ne saurions peut être pas qui nous sommes comme canadiens. Alors célébrons et apprenons. À cause de tout cela et plus, un jour, et bien j'étais un enseignant et je me disais imaginez d'emmener des étudiants de votre âge en Arctique et Antarctique, comment cela changerait notre perspective et dé finirait l'avenir. On a commencé Students On Ice il y a neuf ans, un voyage extraordinaire, beaucoup de succè s. Nous avons emmené milles étudiants, enseignants, artistes, musiciens, anciens Inuits, journalistes aux deux pôles, Arctique et Antarctique. Nous venons de revenir de la dernière expédition. Soixante six étudiants de 10 pays, 22 étudiants du Yukon, des autochtones, d'autres du Nunavut, Nunavik qui ont participé. C'était une expérience incroyable qui change la vie.
Au cours des expéditions avec Students On Ice, on apprenait sur l'histoire, la flore, la faune, les sciences, le savoir traditionnel, les questions contemporaines, la politique et aussi bien sûr, vous voyez les choses par vous même, un glacier en train de disparaître à cause du réchauffement. À ce moment là, le changement climatique est réel et personnel pour tous. Et cet apprentissage de première main, nous y croyons.
Nous sommes très excités, je veux partager avec vous avec le programme du gouvernement du Canada. Il y a 10 bourses pleinement financées, 10 bourses pour l'expédition de l'été prochain, et 10 pour l'année suivante. Tous ceux qui sont ici entre 14 et 18 ans peuvent faire une demande par l'internet pour avoir une bourse et venir avec nous dans l'Arctique l'été prochain. Je vous encourage à vérifier le site web studentsonice.com, trouvez le formulaire de demande et faire une demande, pour les étudiants de partout au Canada. Les étudiants internationaux peuvent aussi participer.
J'aurais tant d'anecdotes à vous raconter. Une entre autres, dans l'Arctique, il y a trois ans, c 'était la fin de l'expédition, nous étions sur la glace marine. Personne ne voulait s'en aller, une magnifique journée. Oui, nous étions tard, il fallait avancer. Alors on a fait des gros câlins, c'est la tradition et quelqu'un a dit et bien, baleine et on s'est tournés, et au bout dans l'océan gelée, il y avait une baleine qui a fait surface comme un sous marin juste à côté de la glace, cet énorme corps noir. Nous avons tous couru avec les guides Inuits pour qu'on ne s'approche pas trop.
On entendait la baleine respirer, on a tous partagé ce moment. Je crois que la baleine était aussi curieuse de nous que nous d'elle. C'était vraiment comme l'aiguille dans le tas de foin, de voir la baleine à ce moment précis, une grande respiration qu'on ressentait, le dos arqué et qui est disparue sous la glace. Certains pleuraient, d'autres riaient, d'autres étaient presqu'hystériques et soudain on a dit et bien, la baleine est venue pour une raison, pour nous transmettre un message. Il faut rentrer chez nous, être motivés et inspirés et représenter une différence sur la planète. Et je crois fermement que c'est le cas. Je, c'était un bon karma positif qui nous a emmené cette baleine ce jour là.
Comme je l'ai dit au début, nous espérons que cet API va vous inspirer, un grand nombre d'entre vous. Il y a tant de choses auxquelles vous pourriez participer, peu importe votre intérêt, que ça soit la science, les beaux arts, la culture, la politique, peu importe. Vous pourriez participer à tant de différents niveaux. (Inaudible) à poser des questions. Nous sommes là, Nicky et Jessie sont là. Nous avons un kiosque à l'extérieur de la salle ici.
Je voulais aussi mentionner que nous avons un nouveau programme pour les étudiants d'université, de l'université. Alors il y aura un site web de lancé pour cela aussi et vous pouvez même avoir des crédits pour votre participation. C'est l'université d'Ottawa, du Manitoba, de la Colombie Britannique. Et il y a un autre événement au pays qui s'annonce au mois d'octobre et au mois de novembre. Il s'agit de Perspectives plurales et nous, ou Perspective polaire plutôt. Nous espérons que vous serez nombreux à vous y joindre. Il y a des musées de chacune des provinces et de chaque, un des territoires qui y participent aussi.
Je pense que nous avons un petit vidéo à vous montrer. Nous l'avons en fait préparé justement pour l'événement d'aujourd'hui. S'il est prêt? Je vous remercie. Merci Yannick, merci à tous, et j'espère que vous allez, que ce vidéo vous plaira. Merci. (Applaudissement)
Vidéo: Bienvenue à l'Année polaire internationale. Bienvenue à l'Année polaire internationale.
L'Année polaire internationale est un effort coordonné qui a changé le monde des sciences et le monde de la science.
L'Année internationale, l'Année polaire internationale nous a vraiment aidé à voir les choses de façon intégrée plutôt que de voir chacun des domaines scientifiques un à la fois et de faç on distincte des autres. Ça va tout changer.
Cette Année internationale polaire nous permet de voir les choses de façon très différente comparativement à la, cette dernière année. Il y a un aspect beaucoup plus social cette fois ci. Il y a le programme (inaudible) qui, où il faut intégrer avec les communautés autochtones du nord et voir les problèmes que confronte le monde entier. Et peut être que les changements les plus importants sont en cours.
Cette Année polaire internationale est censé e nous laisser un héritage et je pense qu'une des choses que les gens du nord ont dit depuis belle lurette maintenant, c'est qu'afin de laisser cet héritage, il faut que le nord et les peuples du nord y participent. Avant, lorsque les chercheurs et les scientifiques venaient, ils se contentaient d'étudier l'environnement et les gens et partaient et ne savaient vraiment ce qui se produisait. Il est donc très important que la perspective des Inuits et des autres peuples autochtones du nord soient intégrés au processus, que ça fasse partie intégrale de, du savoir, des connaissances qui sont acquises lors de ces projets.
Le défi donc c'est vraiment de trouver moyen d'intégrer ces deux genres de savoir, ces deux approches envers la connaissance. Qu'il s'agit du changement de l'habitat, peut être que les gens ne peuvent plus faire de chasse parce que les espaces, les espèces disparaissent à cause des changements climatiques. C'est sûr qu'ils connaissent, ils connaissent très bien les changements climatiques et leurs effets.
Nos jeunes de Nunavut, de Nunavik, de Terre Neuve, Labrador, des Territoires du nord ouest, du Yukon, de l'Alaska, nous pouvons apprendre tant de choses des différents peuples autour du monde, tandis que les étudiants d'ailleurs au monde veulent, peuvent aussi apprendre de nous. On va s'enseigner des choses les uns les autres. Je pense qu'il est très important de pouvoir transmettre notre connaissance de la terre parce qu'elle ne sera pas toujours. Les aînés ne seront pas toujours là. Il faut apprendre d'eux pendant qu'ils sont encore là.
Il y a des étudiants qui nous viennent de différents endroits au monde qui ont des cultures différentes de la nôtre. Ils pensent de façon différente, alors si je ne parle que aux étudiants chinois, peut être que on va toujours regarder les mêmes choses et les interpréter de la même façon. Mais maintenant, je suis là avec toutes sortes de différents étudiants internationaux et je vois, j'ai une perspective beaucoup plus vaste. Je pense que les gens comprennent, si les jeunes comprennent l'interdépendance, l'interconnexion, ils vont pouvoir développer de meilleures stratégies, non seulement pour protéger la planète mais aussi pour créer des sociétés de mieux être.
Notre système d'éducation à tous les niveaux, qu'il s'agisse de la connaissance des peuples autochtones du nord ou des, des systèmes formels d'éducation dans d'autres pays, ils peuvent tous s'entraider et ensemble avoir une perspective plus complète de la planète. Ce n'est pas juste un globe qui flotte dans l'espace. Nous ne sommes pas de simples passagers. C'est sûr que nous ne naviguons pas, nous ne sommes pas en train de mener la barque de la planète, mais il faut qu'on apprenne à bien vivre avec toutes les autres espèces de la planète, qu'il s'agisse de baleines ou de bactérie. Nous espérons que les enfants arriveront mieux à gérer ce processus que nous.
Moi j'ai beaucoup d'espoir et de confiance. Je pense que nous allons pouvoir laisser notre environnement en meilleur état que nous l'avons hérité. J'espère que mes propres enfants participeront à de tels mouvements que l'Année polaire internationale. En vivant cette expérience, je me demande ce que je peux faire, non seulement dans ma propre communauté mais partout au monde. Ça a semé cette graine dans mon esprit qui va maintenant pousser.
À mon avis, l'héritage de la prochaine génération se, un des états les plus critiques de l'Année polaire internationale parce que ce sont eux qui vont vraiment pouvoir se passer le flambeau entre générations et au cours des prochaines décennies de recherche polaire. Ça ne serait pas la même chose si, ça ne serait pas pareil si nous avions pas ces gens incroyables qui viennent, ces scientifiques qui ont voué toute leur vie à étudier les régions polaires du monde.
Moi j'ai participé à la dernière Année polaire internationale. Je suis allé en Antarctique en 1937 et j'ai commencé à étudier. En 1948, je pense, je suis allé dans cette région comme arch éologue principal. C'est devenu en fait une expédition canadienne et, du Canada et du Norvège et de la Suède.
C'est la prochaine génération d 'électeurs, ces jeunes. Ce sont eux qui vont gouverner et j'ai (inaudible), c'est peut être aussi la prochaine génération de scientifiques environnementaux. Alors, si vous trouvez comme moi que nous allons pouvoir contribuer d'une façon quelconque à leur nouvelle orientation, qu'ils deviennent plus sensibles par exemple à notre monde, en fait alors ce n'est pas une perte de temps. Il faut communiquer avec les jeunes et nous arrivons très bien à le faire. C'est vraiment épatant.
Je pense que les jeunes sont très curieux. Ce n'est pas si difficile de les, de les encourager à s 'intéresser à quoique ce soit. Ils s'allongent par terre, ils regardent, ils découvrent. C' est merveilleux de parler aux étudiants parce que ils sont intelligents. Ce n'est pas comme si on parlait à un public de fonctionnaires. Ce sont des jeunes dynamiques intéressés. Je pense que c'est un point tournant. Ce sont ces gens là qui vont devoir s'occuper de la terre à l'avenir et je pense qu'ils sont très capables de le faire. C'est très encourageant.
Le caractère international de cette Année polaire internationale, c'est un des aspects clés et les régions polaires représentent à bien des points de vue un, la paix, sont un symbole de la paix, de coopération internationale. Ce continent nordique que, la région de l'Arctique est partagée par tout le monde. Personne en est propriétaire. Il y a jamais eu de guerre et c'est sûr que ça a un effet sur tout le monde, tous les habitants de la planète.
Nous sommes en train d'exploiter la terre et nous nous rendons compte que nous ne comprenons pas toujours les effets de nos, que nous avons sur d'autres gens, sur d'autres régions de la planète, que nous partageons tous pourtant. À mon avis, cette Année polaire internationale 2007 et 2008 aura un effet sur des gens par rapport à, aux changements climatiques et la durabilité.
De se passer le flambeau de la civilisation, tout comme lors du course au relai, on dépend tous les uns des autres. C'est un effort collectif. Nous devons tous travailler ensemble. Il faut parler de cette course. Il faut voir ce que sont les règles de cette course afin de pouvoir bien se passer le flambeau et réussir.
(Applaudissement) (fin du vidéo)
Patrick Borbey: Merci Jeff. Et j'ai hâte, j'anticipe avec plaisir le moment où vous allez créé un programme pour les anciens comme moi.
Maintenant, la dernière présentation nous vient de Schools On Board. Il s'agit d'un programme de diffusion, un pédagogique qui nous vient de ArcticNet qui est géré par l'université du Manitoba. Ce programme fait participer, fait embarquer les jeunes sur le navire brise glace, l'Amundsen, que vous voyez ici pour leur permettre de participer aux activités de recherche de l'équipe de scientifiques d'ArcticNet. J'ai deux conférenciers. D'abord Adamina Partridge qui nous vient de Kuujjuaq au Nunavik et elle étudie à l'université Concordia à Montréal. Elle obtiendra son diplôme en biologie en 2009. Adamina a participé au programme, au programme circumpolaire dont nous avons déjà entendu parlé et James, l'autre conférencier, James Kuptana nous vient de la région de l'Inuvialuit et sa famille de Sachs Harbour et il, il étudie à l'heure actuelle les connaissances traditionnelles. (Applaudissement)
Adamina Partridge: Bonjour. D'abord je voulais mentionner ce que Jeff a soulevé parce que je trouve ça très emballant et je pense que toute possibilité que l'on a de se rendre à l'Arctique ou à l'Antarctique, il ne faudrait pas hésiter de la saisir parce que ça vaut le peine à 100%. Et ça c'est quelqu'un qui vous dit cela, qui provient non seulement de l'Arctique mais aussi que j'ai eu la chance de participer à ce voyage et collabore Schools On Board, et ça a été pour moi l'expérience d' une vie. J'ai tant appris, j'ai fait de très belles connaissances, de bons amis et dans un merveilleux contexte. Si jamais vous avez la chance d'aller dans le grand nord, allez y, profitez en, profitez en au maximum, respirez à fond cet air.
J'ai donc participé à ce programme. Nous avons commencé dans les Territoires du Nord ouest à Inuvik. De là, nous sommes allé à Kugluktuk au Nunavut. Nous avons, sommes embarqués à bord du brise glace, l'Amundsen, pendant cinq ou six jours. Ensuite, nous avons atterri à Sachs Harbour, où il y avait une centaine de personnes qui vivaient. C'est un très petit endroit mais même si j'ai passé mon enfance ou la plupart de mon enfance à Kudrak (ph) dans la région de l'Arctique, et que je connaissais bien le climat, je n'avais jamais été dans la région ouest de l'Arctique. Pour moi c'était très intéressant, très excitant.
J'ai constaté qu'il y avait certaines différences et c'est un endroit qui est très loin de chez moi mais malgré ces différences, j' ai trouvé qu'il y avait plus de ressemblances que de différences. Même s'il s'agissait d'un endroit à des milliers de kilomètres de chez moi, j'ai quand même eu le sentiment d' appartenance, que j'étais chez moi, que j'étais en famille et pour moi, c'est un sentiment très important. Et je m'en souviens très bien. C'était très agréable aussi de pouvoir explorer Sachs Harbour et Inuvik.
C'est vraiment là qu'a commencé notre programme. Nous nous sommes rencontrés là bas, les étudiants du Groenland, de la Russie, de l'Alaska et du Canada. Nous nous sommes tous entendus très, trè s bien dès le départ, mais nous avons vraiment appris à nous connaître dans cette communauté. C'était très agréable de pouvoir se connaître un peu avant d'embarquer sur le brise glace m ême si j'avais très hâte de le faire et nous avons pu faire un remue ménage au sujet de notre présentation sur la glace Arctique.
Et ce que nous avons fait avant d'entamer le voyage, c'est que nous avons interviewé des anciens, des aînés de chacune de nos régions et nous avons donc pu contribuer beaucoup de connaissances de chacune de nos ré gions. Et nous avons découvert que même si nous provenons de toutes sortes de différentes régions du monde, très différentes parfois, nous souffrons tous les mêmes effets, nous avons tous les mêmes défis à relever. En fait, il s'agit d'une seule suggestion d'un seul peuple au monde. Ça c'était merveilleux et ça a vraiment correspondu au thème du voyage. Le fait de voir que les différentes r égions du monde peuvent se réunir, s'unir et agir, parler d'une seule voix.
C'était vraiment le sommet de l'intégration pour moi. Le fait d'intégrer toutes ces, toutes ces différentes disciplines, la science, le savoir traditionnel, les jeunes Inuits qui contribuent les connaissances en fonction des études qu'ils ont menées auprès des aînés Inuits de chez eux. Alors quant à moi, le programme a été très utile. Ça a abordé l'importance d'intégrer tous ces différents aspects et le fait de voir que nous sommes tous en train de viser les mêmes objectifs, qu'il ne s'agit pas d 'une confrontation entre la science et le savoir traditionnel. C'est plutôt une collaboration entre les deux et que si nous travaillons ensemble de façon harmonieuse, c'est la seule façon vraiment de pouvoir améliorer notre sort.
Alors, je pense que les étudiants ont très bien reçu notre représentation et tout le monde qui participe, qui a participé au programme a beaucoup aimé ça. C'est de l'expérience d'une vie, comme je vous dis. Si jamais on vous offre la possibilité de le faire, allez y. C'est, c'est merveilleux. Et en fin de compte, le message principal c'est que les gens de l'Arctique sont tous en train de souffrir les mêmes effets. Et ce n'est pas seulement les gens de l' Arctique en fait. Je pense que ce qui se passe aux pôles du monde, c'est vraiment une indication de ce qui pourrait se produire partout au monde parce que tous les systèmes sont interdépendants.
Voilà ce que j'ai appris moi pendant ce voyage. J'espère donc et j'ai adoré cette expérience, surtout avec d'autres jeunes qui s'intéressent à ce qui m'intéresse et aussi pour pouvoir être avec mes paires Inuits. Ça aussi, ça a été merveilleux. Alors j'espère que cela préparera la voie pour d'autres étudiants, pour d'autres programmes qui visent les étudiants, surtout les étudiants Inuits. Merci. (Applaudissement)
James Kuptana: Il s'agissait d'un projet pilote. C'était donc la première fois et l'objectif de ce programme Étudiants à bord, c'était d'avoir uniquement des étudiants Inuits qui participaient au programme. Il était donc très agréable de voir comment ce genre de programme pouvait évoluer pour avoir une meilleure représentation des Inuits et d'inclure les Inuits dans le monde de la science, des projets de recherche scientifique, surtout dans les territoires Inuits.
Comme l'a dit Adamina, le fait d'avoir des représentants de partout dans des régions, dans la région circumpolaire, il s'agissait d'un groupe très dynamique, très diversifié, très varié . Même si nous sommes tous Inuits, même si nous avons des traditions semblables, nous sommes quand même arrivés avec nos propres perspectives, nos propres idées et notions provenant de nos propres communautés, ce que nous avons apporté à bord le navire avec nous. C'était donc très intéressant de pouvoir faire cela tous ensemble. C'était en fait à nous de décider comment nous voulions formuler nos questions, les questions que nous avons posées aux membres de nos communautés, à nos aînés et moi, pour moi, ça a été tout un privilège de pouvoir représenter ma communauté et de pouvoir contribuer cela, de partager avec les scientifiques à bord l'Amundsen, les connaissances que je représentait. Et c'était merveilleux de pouvoir leur parler. C'était très inspirant.
Après avoir fait nos présentations à bord l'Amundsen, plusieurs des scientifiques sont venus me parler pour me dire que ça leur avait permis de mieux comprendre comment fonctionnait tout, comment tout était interdépendant et d'avoir une meilleure vue d'ensemble de tout cela. Ça montrait comment ce qu'ils étudient eux peuvent aider les gens de, à mieux comprendre parce que eux se concentrent souvent sur quelque chose de bien particulier comme la quantité de dioxyde de carbone dans l'atmosphère ou dans l'eau. On finit par se concentrer tellement sur un petit aspect. Ce que nous leur avons présenté leur a donné du recul pour mieux tout voir en même temps et ils ont mieux compris nos préoccupations et nos idées, nos notions.
L'expérience était dynamique et extraordinaire et j'espère que il y en aura d'autres à l'avenir, que d'autres telles occasions seront offertes aux étudiants, Inuits ou autres. Je suis ravi de voir, vous voir ici en si grands nombres aujourd'hui d'ailleurs qui vous intéressez à ces questions. Les bases de savoir de connaissances ne sont pas statiques. Elles sont dynamiques. C'était un très bon exemple de la façon dont le savoir, les connaissances que nous avons continuent à évoluer. Alors c'était merveilleux de constater pour moi. Alors je vous remercie. Merci beaucoup. (Applaudissement)
Patrick Borbey: Merci James et Adamina. Malheureusement, nous n'avons plus suffisamment de temps pour une autre période de questions. Mais ce que nous allons certainement pouvoir faire, c'est que Jeff, Adamina et James vont pouvoir répondre à vos questions dans le foyer après l'événement. Et ceux d'entre vous qui nous écoutez sur le web, n'hésitez pas à nous faire parvenir vos questions par courriel. Nous allons tenter de vous répondre aussi rapidement que possible et de la meilleure façon possible.
Avant de clore cet événement, j'aimerais inviter des invités très spéciaux. Il s'agit des étudiants d'un programme qui est fondé ici à Ottawa. Il s'agit du Nunavut (inaudible). C'est le programme de formation, un programme de formation de huit mois ici au Canada qui enseigne la culture Inuit, les revendications territoriales et les gouvernements Inuits. Ces étudiants de ce programme vont maintenant venir interpréter deux chansons pour nous. J'invite donc, je les invite donc à monter sur la scène et Natasha va vous présenter les deux chansons. Natasha (inaudible), qui est une étudiante de cette école, va tout vous expliquer. (Applaudissement)
Natasha (inaudible): Bonjour je m'appelle Natasha (inaudible). Je viens de Pond Inlet. Comme l'a dit Patrick, nous sommes de (inaudible), Nunavut. Nous participons au programme qu'il a mentionné. Nous allons vous chanter deux chansons, dont la première s'appelle (inaudible) et pour nous qui vivons dans le nord du Nunavut et avons trois mois d'obscurité totale pendant l'hiver et nous avons, mais il fait jour aussi pendant trois mois, pendant l'été. Alors cette chanson a été créée pour nous réchauffer l'âme pendant l'hiver parce qu'il faisait si froid et certaines familles n'avaient pas assez de chaleur. Et la deuxième chanson a été créée pour célébrer. C'est une chanson qui montre la fierté de notre culture. Nous sommes fiers d'être qui nous sommes et ça rend hommage à notre passé, tout en célébrant le présent et en appuyant l'avenir.(Applaudissement)
(Chansons)
(Applaudissement)
Patrick Borbey: Merci. Merci beaucoup. Il s'agit d'une merveilleuse façon de clore notre séance d'aujourd'hui. (Langue Inuit) Et je tiens aussi à remercier tous nos conférenciers, nos panelistes de ce matin pour leurs présentations. Les panelistes seront disponibles pour que vous puissiez leur poser des questions suivant l'événement d'aujourd'hui. Et je tiens encore à vous remercier tous qui êtes venus ici en personne ou bien par diffusion internet.
Dans le foyer, nous avons des tables qui sont là pour vous fournir des renseignements ainsi que des cadeaux que vous pouvez remporter avec vous. N'oubliez pas de venir, de prendre une carte de l'Arctique et les épinglettes aussi. Il y a aussi un petit test parce que le personnel d'aujourd'hui va vous poser des questions au sujet des présentations d'aujourd'hui. Si vous, si vous répondez bien aux questions, vous allez, vous allez pouvoir gagner une tuque ou un foulard.
Je vous encourage tous à participer à d'autres activités sur le site web d'aujourd'hui comme une diffusion en direct qui nous vient de Yellowknife dans les Territoires du nord ouest et qui va être diffusée partout au monde. Elle offre, elle offre d'autres présentations et d'autres participants.
Merci et j'espère que vous allez continuer à en apprendre plus loin sur l'endroit le plus cool de la planète. (Applaudissement)